Les pannes sexuelles : un problème honteux ?
le 14/06/2006 à 15:02
Les sexologues l’affirment : tout homme a eu ou aura un jour une panne sexuelle ! Cela vous angoisse ? Il n’y a pas de quoi. Si je vous disais : « Un jour ou l’autre, vous avez eu, vous avez ou vous aurez une angine », vous répondrez : « Oui, sans doute ». Mais une panne sexuelle, cela peut sembler plus inquiétant.
Ce sujet est encore tellement tabou que seuls 20 à 30 % des hommes souffrant vraiment de pannes osent demander de l’aide à leur médecin, soit un homme sur 5 à un homme sur trois. La majorité se tait et garde son problème secret. Pour une angine qui dure, n’importe qui finit par se soigner : pour une panne, non. C’est dommage de souffrir en silence.Pourquoi les hommes n’en parlent-ils pas ?
- 37 % affirment que c’est trop délicat, trop embarrassant ou trop personnel.
- 25 % repoussent le moment de s’en occuper. Ils n’ont pas envie d’y penser en ce moment.
- 23 % pensent qu’il s’agit d’un problème temporaire… et qu’il suffit donc d’attendre pour que ça revienne.
- 21 % estime que le problème n’est pas médical.
- 21 % n’osent pas embêter leur médecin avec ça. En effet, ils trouvent que ce n’est pas une urgence.
Il y a encore de nombreuses autres raisons imaginables ! Certains hommes nient le problème, comme si ne pas parler d’un souci les empêchait d’exister. D’autres se demandent comment trouver les mots pour en parler à un médecin ; on n’est pas forcément à l’aise pour parler de ses propres pannes. D’autres sentent réellement que leur médecin n’est pas à l’aise avec le sujet. D’autres encore en parlent avec leur partenaire qui les dissuade de consulter. D’autres pensent « à mon âge, c’est normal, ma vie sexuelle s’achève », ce qui est aberrant quel que soit cet âge. D’autres évitent d’y penser pour ne pas s’angoisser, d’autres ont peur des traitements, ou de découvrir une maladie. D’autres n’arrivent pas à accepter de penser : « j’ai un problème ». D’autres ont peur des traitements. D’autres ont peur que le médecin se moque de leur angoisse… ou de leur pénis s’il les examine…
Pourtant, pour un médecin, la panne sexuelle est d’une banalité extrême. Aussi fréquente peut-être que les rhumes ou les angines ! Et tous les hommes quels qu’ils soient s’y trouvant confronté un jour ou l’autre, il ne faut pas imaginer que la virilité s’en trouve atteinte. Car la virilité, dans ce cas, c’est peut-être plutôt le courage de faire face !
Ce que je raconte paraît peut-être excessif. Mais c’est qu’en consultation, il m’arrive régulièrement de voir des hommes jeunes (moins de 40 ou 50 ans) qui n’ont pas de rapport sexuels depuis des années pour cause de pannes et qui n’ont jamais osé consulter. C’est vraiment très triste de penser qu’ils se gâchent des années de vie. En plus, quand ils sortent d’une consultation, ils me disent toujours : « Je m’en faisais une montagne et je me rends compte que c’est simple de consulter. Après tout, la sexualité, ça fait partie de la vie ! »

Bienvenue sur mon blog ! Un blog de médecin femme qui s’appelle Pannes-