En cas de panne sexuelle, faut-il faire un bilan médical et lequel ?
le 30/05/2006 à 10:55
Quand un homme est victime d’une panne sexuelle, que doit-il faire, médicalement parlant ?
Tout d’abord, s’il s’agit de sa première panne, se demander à quoi elle est due. Si la réponse est évidente, le plus logique est de patienter tranquillement…
Une cause évidente serait par exemple une ivresse alcoolique, un rapport tenté sous l’emprise d’une drogue, une fatigue importante, une relation tentée sans envie réelle, mais pour faire plaisir à l’autre, une maladie (avec 39° de fièvre, on peut avoir une panne !)…Si la panne n’a pas de raison évidente, et surtout si elle se reproduit à plusieurs reprises, il faut aller consulter un médecin pour pratiquer un bilan.
Quel est ce bilan ?
Il est extrêmement simple et consiste en
- Un interrogatoire : Le médecin pose des questions pour tenter de comprendre ce qui se passe. Et parfois, il suffit de parler pour le comprendre. Par exemple, il demande si vous prenez un médicament, si vous avez été opéré, comment se passent vos rapports sexuels, qu’en est-il vraiment de votre érection, comment se comporte votre partenaire…
- Un examen clinique : le médecin prend votre tension. Une tension trop élevée peut avoir un impact sur votre érection. Il va examiner votre prostate par un toucher rectal, surtout si vous avez plus de 50 ans. Il va écouter votre cœur et palper vos artères pour observer comment fonctionne votre circulation. Il va aussi examiner votre pénis pour détecter une éventuelle anomalie.
- Une prise de sang qui va doser :
o Votre taux de prolactine dans le sang.
o Votre taux de testostérone dans le sang.
o Votre glycémie (taux de sucre ou glucose dans le sang)
o Votre cholestérol
o Vos triglycérides (graisses)
Chacune de ces étapes est importante. En voici quelques preuves :
L’utilité de l’interrogatoire du médecin :
André consulte pour des pannes répétées. Il a presque 60 ans, et il est en bonne santé. Il n’avait jamais eu de pannes, mais depuis quelques mois, elles sont de plus en plus nombreuses. Un interrogatoire très simple va en révéler la cause. Son épouse, avec laquelle il est marié depuis 32 ans refuse de toucher son sexe avec ses mains. Elle ne caresse donc jamais. André a tenté de lui demander d’être un peu plus active, mais elle refuse en affirmant « nous avons toujours procédé ainsi, je ne vois pas pourquoi je changerais… C’est toi qui a un problème… » En fait, elle méconnaît le fonctionnement de son homme. En avançant en âge, tout homme a besoin de plus de stimulation pour obtenir une bonne érection. Sans ces stimulations, l’érection est de moins bonne qualité, entraînant une angoisse avant le rapport, angoisse qui contribue encore à augmenter le problème… André va tout de même bénéficier d’un bilan qui se révèlera tout à fait normal, et sa femme sera incitée à consulter. Car elle se plaint de cet espacement des rapports.
L’utilité de l’examen clinique :
Jean-Baptiste est jeune, mais il a relativement souvent des pannes. A l’examen, il s’avère que son frein un peu court a déjà saigné lors de rapports sexuels. Cela l’a beaucoup angoissé, et il a peur que cela se reproduise. La solution est bien sûr d’aller consulter un urologue qui pratiquera une petite intervention de plastie du frein.
L’utilité de la prise de sang :
Germain est un artiste de 66 ans. Il est célibataire, mais il a des aventures. Depuis peu, il a des pannes de plus en plus fréquentes jusqu’à pratiquement ne plus pouvoir faire l’amour. Il se sent très déprimé. La prise de sang révèle un diabète qui n’avait pas été dépisté. Une fois bien traité, Germain retrouve une érection tout à fait correcte.
Le traitement de première intention consiste ensuite généralement à prescrire un médicament facilitant l’érection. Puis, lors de la consultation suivante, les résultats des analyses sont examinés pour voir si un traitement spécifique est nécessaire, le traitement d’un diabète, d’une hypercholestérolémie…


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